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Politique de la ville en Seine-Saint-Denis

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À propos du développement économique...

« La politique de la ville ne peut réussir si elle n’est pas tout entière engagée sur le front de l’emploi » rappelait Najat Vallaud-Belkacem, alors Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans sa lettre adressée aux maires en avril 2014.

Jusqu’alors, le bilan concernant l’articulation entre rénovation urbaine et développement économique est en effet assez sévère : ces opérations n’ont pas eu – ou trop peu – d’effet d’entraînement sur l’activité économique des quartiers qui en ont bénéficié. Depuis le pacte de relance pour la ville en 1996, différents textes législatifs sont venus renforcer les mesures économiques en faveur des quartiers en politique de la ville. Néanmoins, ceux-ci restent caractérisés par un tissu économique majoritairement composé de petites et moyennes entreprises (Pme), une disparition ou une absence de commerces de proximité et par une population en grande difficulté économique et sociale, pour laquelle la création d’entreprise peut-être une solution alternative au salariat.
Ainsi, la Seine-Saint-Denis est au troisième rang des départements franciliens pour la création d’entreprises, avec plus de 15 000 séquano-dionysiens qui créent ou reprennent une activité, dont 7 000 auto-entrepreneurs. Mais ceci conduit également à reporter sur les plus fragiles les risques les plus élevés.

À l’heure de l’élaboration des nouveaux contrats de ville qui doivent articuler les dimensions sociales, urbaines et économiques du développement, un rapport du Comité d’évaluation et de suivi de l’Anru (Ces) vient souligner l’urgence de donner un rôle beaucoup plus important aux sites de renouvellement urbain en matière de développement économique du territoire. Le Ces de l’Anru préconise notamment une meilleure articulation entre le développement exogène et endogène du territoire, ce qui suppose d’avoir une stratégie territoriale large et décloisonnée. Trop souvent en effet, les services économiques ont une intervention exclusivement centrée sur le développement exogène et l’aménagement de zones d’activités, laissant à la politique de la ville ou à l’économie sociale et solidaire le soin de traiter la question de l’insertion et de l’accès à l’emploi des populations. Or, on a souvent pu constater qu’un regain d’activité économique sur un territoire ne profitait guère aux habitants des quartiers de la politique de la ville, qui représentent près de 40 % de la population de Seine-Saint-Denis.

Si des moyens supplémentaires sont aujourd’hui prévus pour soutenir la création d’activité dans les quartiers (avec notamment 600 millions d'euros d’investissement de l’État et de la Caisse des dépôts sur la période 2014-2020), il n’en demeure pas moins que les territoires doivent aujourd’hui s’engager beaucoup plus fortement dans des logiques de développement endogène (en articulation avec le développement exogène). Certes, ce type de développement ne se décrète pas. Il suppose de faire coopérer les deux mondes professionnels de la politique de la ville et du développement économique, qui souvent s’ignorent, se méconnaissent, voire poursuivent des stratégies contraires. Car in fine, la question est bien de savoir comment mobiliser les acteurs, les outils et les moyens pour développer des activités et des emplois au bénéfice des habitants des quartiers.

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